En réponse aux
commentaires, courriels et autres remarques suite à notre intervention sur le sujet de l’homoparentalité, relayée par La Télé (Nouvelles Fribourg du 9 et 10 décembre 2009) et le Matin dimanche (3.01.2010, p.5).
Petit historique : en décembre dernier le journal PROFIL (journal fribourgeois d’opinion libérale-radicale) publiait sous l’excellente plume de son président, Yann Grandjean, un article posant les bases d’un débat sur l’homoparentalité. Yann Grandjean étant indisponible pour répondre aux questions de La Télé, c’est en tant que vice-président de l’ADIR qui édite PROFIL (Association pour la diffusion des idées libérales-radicales dans le canton de Fribourg) et membre du comité de rédaction de PROFIL que j’ai donc répondu aux différentes interviews relatifs à notre publication.
Le principe même de l’ADIR et de son journal d’opinion PROFIL est d’ouvrir le débat politique. La question de l’homoparentalité n’est certes pas à la pointe actuelle de l’actualité et des priorités des gouvernements. Et alors ? Faut-il donc attendre systématiquement attendre que les véritables problèmes deviennent urgents pour qu’on s’y intéresse ? N’y a-t-il pas justement au sein des devoirs du politique celui de prévoir et d’agir autant que faire se peu au préalable plutôt que postérieurement ?
En terme d’homoparentalité, la situation actuelle procède d’une telle hypocrisie que nier l’existence actuelle de la problématique relève plus du déni de réalité que des questions de moralités. L’homoparentalité existe. C’est non seulement un fait, mais en plus un item consacré en droit suisse. Nous reconnaissons (et à juste titre !) le droit aux homosexuels d’exercer leur autorité parentale notamment sur un enfant né d’une relation hétérosexuelle antérieure. Cela ne crée aucune discussion, aucun problème en pratique. Nous reconnaissons le droit à la procréation médicalement assisté (indépendamment des orientations sexuelles de la mère) et ainsi de manière générique nous consacrons le sacro-saint droit à l’enfant. Mais nous refusons de reconnaitre le droit à l’adoption pour un couple ayant conclu un partenariat (PACS à la française) et vivant dans une situation stable.
La Cour Européenne des droits de l’homme a rendu récemment un arrêt consacrant le droit à l’adoption pour une couple de lesbiennes du jura français. La jurisprudence de la Haute Cour s’appliquera pour les mêmes raisons sur le territoire helvétique. Nous préférons ouvrir le débat, sensibiliser et expliquer plutôt que créer dans la population un sentiment de frustration et de soumission à Strasbourg.
Une série de mauvais préjugés, d’assimilations et de convictions religieuses, dont l’activité politique devrait justement être exempte, empêche une fois de plus d’avancer. On fait de la politique ni uniquement avec de bons sentiments, ni en souffrant les arguments de l’émotionnel.