Publié par : Didier Carrard | 17/03/2009

Oceans’ Song

Voyager c’est arriver chez l’autre. Il faut s’essuyer les pieds avant d’entrer. Aujourd’hui on a l’impression que les mecs ils viennent s’essuyer une fois qu’ils sont à l’intérieur .

J’ai le mal de mer sur un matelas pneumatique dans une piscine, mais quel plaisir de lire le dernier ouvrage d’Olivier de Kersauson. Il conte 40 ans de navigation sur toutes les mers du monde. Un tour du monde nostalgique, sans regret et sans lyrisme. De la Polynésie à l’Amérique, des Antilles à la Nouvelle-Zélande.

Un royaume où l’Homme libre prend toute sa dimension. Sous la plume de l’Amiral « La Liberté c’est choisir ses exigences et ses contraintes, c’est avoir conscience de ce que l’on est et de notre impuissance ». Un grand marin mais aussi un grand poète qui nous réapprend à voyager. D’un « portrait des mers » à une description surprenante de nos sociétés, il nous livre  un autoportrait de son auteur et… du lecteur-touriste qui sent le vent se lever et le bruit de l’eau qui frappe le multicoque. Un vers délié de tout sauf de l’humour.

« Nous, Français, quand on envoyait un gouverneur en Polynésie, il quittait la métropole en uniforme sur lequel ne manquait pas un bouton. Puis rentrait en métropole en paréo. Eux envoyaient leur gouverneur à Fidji, droit comme la justice. Quand le gouverneur quittait le Pacifique, la moitié de Fidji s’habillait comme lui. C’est tout la différence entre eux et nous ».


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