A intervalles réguliers, le secret bancaire helvétique subit remises en doute et démembrements. Le secret bancaire d’hier n’était déjà plus celui des années quatre-vingts ; à quoi ressemblera celui de demain ?
Jusqu’aux récentes révélations de fraudes fiscales aux Etats-Unis, je croyais fermement qu’au-delà du secret bancaire il y avait un savoir-faire financier en Suisse. Une réputation fondée sur des compétences certaines, une saine stabilité et surtout une éthique forte et reconnue. En allant jouer sur un marché américain où l’unique appât du gain des traders – dénué de toute création de richesse pour l’économie réelle – a primé sur les fondements de notre système, ces banquiers ont sali pour longtemps l’image qui permettait de tenir face aux pressions exercées sur le secret bancaire. En violant volontairement les règles, ces banquiers ont anéanti la tradition d’une réputation d’honnêteté dont on créditait nos banques. Difficile aujourd’hui de regarder nos voisins européens dans le blanc des yeux en leur disant que si leurs citoyens investissent chez nous c’est uniquement pour la qualité de nos services…
« On est toujours plus malin par après » dit le brocard, mais quoiqu’il en soit, si nos banques avaient proposé à l’étranger les mêmes services qu’elles offrent en Suisse, en suivant les mêmes règles économiques et de prudence, probablement qu’elles auraient moins gagné jusqu’en 2007, mais elles auraient certainement moins perdu aujourd’hui et surtout pas le seul capital qui compte vraiment dans le milieu : la confiance.
Pire que perdre notre « sacro-saint secret », notre place financière – dont dépend tellement d’emplois – a perdu en crédibilité par la faute de peu, avec des conséquences dramatiques pour beaucoup. La politique bancaire menée en Suisse, sur le marché helvétique a fait ses preuves et mérite d’être maintenue. La bataille de David et Goliath à laquelle nous livre la justice américaine est écœurante. Mais nous David, peut-être gagnerons-nous à perdre sur un terrain qui n’a jamais été le notre et à rempoter sur celui de la durée et de la qualité retrouvée, comme si nous devions passer par là pour que la finance se réintéresse à l’économie réelle.
Salutations,
Joli texte!
Vous écrivez moins souvent que d’autre mais, mais, à chaque fois, votre intervention vaut la peine d’être lue.
Ecrire,(Parler) peu mais bien! J’aime!
Romain Gabioud
Par Romain Gabioud le 11/03/2009
à 18:43