Publié par : Didier Carrard | 22/02/2009

Fribourg-Freiburg-Fribourg

Il neige à Freiburg et en Suisse. Me voilà une fois de plus en train de faire le trajet Freiburg-Fribourg-Freiburg. Départ en grand stress, je décide toutefois de manger une morse avant de rentrer. Je me restaure d’une grande pizza 4 fromages avec un grand coca-cola, le tout pour 5 Euros 70, soit moins de CHF 8.50. Un expresso en vitesse chez l’Italien du coin? 1 Euro 20.

Le train vient de Berlin et après 1000 km, il arrive à l’heure et repart à l’heure de Freiburg. Je m’installe paisiblement dans un ICE de la Deutsche Bahn jusqu’à Bâle, changement obligatoire avec cet horaire. En deuxième classe ICE, chaque siège est séparé et a son propre porte-manteau, sa lumière personnelle, sa prise électrique et sa tablette rabattable pour poser son ordinateur portable. Un vrai bonheur. Arrivé à Bâle à l’heure exacte. Pünktlich! Un petit café debout? CHF 4.80!

Un peu agacé je monte dans une de nos belles rames CFF à deux étages, les mêmes qui sont utilisées en Allemagne sur les lignes régionales. Diable où est-ce que je vais mettre ma valise moi? Poser un PC sur la tablette centrale relève de l’équilibrisme. Et la prise électrique alors? Elle n’existe tout bonnement pas!

Au départ de Bâle, nous sommes exactement dans l’horaire. Arrivés à Olten, 50 km plus tard, nous avons déjà 10 minutes de retard. Naturellement, à Berne, je manque ma correspondance pour Fribourg. Un IC n’attend pas sur un autre IC. Ils auraient pourtant des histoires de train à se raconter…

Le prochain qui me dit que la Suisse est une île dorée de confort et de bien-être, je l’invite à faire le trajet avec moi pour faire la comparaison. Nos voisins européens nous ont non seulement rattrapés et dépassés dans le domaine des transports mais également dans bien des domaines où nous “roupillons” encore. Que cela soit dit.

Avec la fondue au vacherin fribourgeois de ce soir par contre, on a encore de la marge. “Eurosement” qu’avec les bilatérales on peut encore l’exporter!


Réponses

  1. Bonjour,
    Votre article est intéressant et parle de faits avérés. Je trouve toutefois la critique un peu facile. Je suis d’accord avec vous, les LGV (lignes à grande vitesse) allemandes (ICE) sont confortables, ponctuelles, bref, vraiment agréables. Il en va de même pour les LGV françaises (TGV). Voici pourquoi je trouve la critique facile :

    1.
    Vous oubliez de nous parler du trafic régional en Allemagne (ou en France). Celui-ci est quasiment inexistant. En effet, vous trouverez dans le meilleur des cas un train par heure. A partir de 20 heures, il n’y aura plus rien. De plus, si vous avez la malchance d’habiter une région périphérique, vous ne devez même pas compter sur les transports publics. En Suisse, dans le pire des cas, il y a un train par heure et ce, en principe jusque vers minuit et le réseau est extrêmement dense.

    2.
    En France, comme en Allemagne, nous avons ces fameuses LGV. Elles sont réservées au trafic grandes lignes rapide (TGV, respectivement ICE). Par conséquent, tous les trains empruntant ces lignes circulent à la même vitesse, s’arrêtent aux mêmes endroits… En Suisse, le trafic grande ligne et le trafic régional empruntent les mêmes tronçons. Nous avons donc, sur une ligne, des trains intercity, des trains régionaux, etc. Cela correspond, sur la ligne Genève Zurich, à une dizaine de trains par heure, circulant à des vitesses différentes, ne s’arrêtant pas aux mêmes endroits. Admettez l’énorme complexité de la gestion du réseau.

    Comme vous le dites, il vaut mieux être acteur que critique. Soyez acteur, et donnez nous des propositions pour que les choses changent. Le réseau ferré suisse n’a pratiquement pas changé depuis des dizaines d’années alors que le volume de trafic a décuplé. Qu’il soit saturé n’est guère étonnant. La solution est simple, construire des lignes réservées au trafic rapide, comme en France, comme en Allemagne (et acheter de nouvelles rames pour votre manteau). Mais, vous le savez bien, elle est irréalisable. Nous n’arrivons même pas à construire une troisième voie entre Lausanne et Genève…

    • Cher Monsieur,

      Vous avez tout à fait raison sur le fond ! En 1500 signes il m’était difficile de porter une analyse complète. Il est évident que notre réseau, le (ou l’un des) plus dense au monde, a des particularités que nos voisins européens ne connaissent pas. Pour info, cet article a été publié dans le journal PROFIL et s’inscrivait dans la campagne du 8 février dernier sur les bilatérales. Il poursuivait donc un but également politique et de campagne.

      En ce qui concerne le réseau allemand – que je connais mieux que le réseau français – les services de trains régionaux ne me semblent pas aussi catastrophiques que vous me le décrivez. Pour reprendre l’exemple de la ligne Freiburg-im-Breisgau—Basel, la DB propose également un train régional qui ne désert par les même gares et à des horaires différents. Au risque de me répéter, les wagons régionaux, dans le Baden-Württemberg du moins, sont les mêmes que nos intercity… Mais j’ai découvert avec plaisir que le BLS avait acquit les mêmes voitures, au couleur de la DB en plus .

      Il est évident qu’en comparaison international nous n’avons pas de quoi nous plaindre. Mais si l’on admet systématiquement cette position du « finalement on est les meilleurs ou presque », on s’endort terriblement sur nos lauriers et le reste du monde nous dépasse. En termes de gestion du trafic automobile privé, en lien avec les transports publics, nous avons un retard considérable : Park&Ride, tram, Ring dans les villes, métro, aménagement du territoire etc…

      Vous avez raison, nous devons impérativement réaliser des infrastructures qui permettent de faire face à une densification de la population et à son urbanisation. Le problème réside dans le « temps » qu’il nous faut pour agir. Les terrains nécessaires sont vendus ou construits (exemple de la 3ème ligne Lausanne-Genève). Le souci est le même pour les autoroutes. A Fribourg, par exemple, nous avons construit, à l’époque, une autoroute avec pour but que les touristes puisse voir la cathédrale en passant… Aujourd’hui on se retrouve à devoir chercher (et trouver !) des solutions pour couvrir une partie de ce réseau car il est impossible d’en changer le tracé.

      Bien malin celui qui trouverait des solutions, finançables et réalistes, à tous les problèmes de transports et ce n’est pas là ma prétention.

      Quant aux propositions concrètes, elles existent en partie déjà (ex du RER Fribourg sorti par M. Denis Boivin lors de la campagne à la Préfecture), et avec le comité du PLR Sarine nous travaillons à une série de projet dans le domaine. En attendant, j’essaie de faire avancer le débat, et je vous remercie d’y contribuer. Dans ce domaine, la sensibilisation de tous semble être un gage de réussite dont on ne peut se priver.

      Bien à vous

  2. Je suis tout à fait d’accord avec vous, nous payons aujourd’hui le manque de vision dans la planification du réseau de transport, que ce soit routier ou ferroviaire. La densité de l’occupation du territoire suisse nous met au pied du mur. Mis à part des solutions extrêmement coûteuses (lignes souterraines), ou désagréables (expropriations massives) nous n’avons guère d’alternatives.

    Je n’ai pas répondu à votre message parce que je considère que rien ne doit être fait. Bien au contraire. Je trouvais simplement dommage que la critique se porte directement sur les entreprises de transports publics alors qu’au final, cet attentisme résulte d’un manque flagrant de volonté politique. Je suis heureux de voir que certains politiciens soient conscients du problème et j’espère que la nouvelle génération, dont nous faisons partie, saura faire du sujet « transports publics » une priorité. Si nous regardons les pays d’Asie du sud-est, nous ne pouvons que constater un foisonnement d’idée sur des lignes de trains à grande vitesse. La Suisse fut pionière, à une certaine époque. Elle est en train de s’endormir sur des acquis devenus insuffisants.


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