
Voilà que le parti socialiste suisse, présidé par Christian Levrat, se lance dans une campagne de peur des marchés financiers. Un cri d’alarme pour sauver notre place bancaire ? Que nenni ! Du populisme à faire pleurer grand-mère.
Nul doute que la banque d’investissements d’UBS connaît une grave crise sur le marché des titres immobiliers américains. Rien à voir avec les hypothèques et la gestion de fortune des clients suisses. Sa banque de gestion, la première au monde, connaît, elle, d’excellents résultats.
Arrêtez de faire de l’alarmisme, UBS ne va pas faire faillite et vous le savez très bien.
Pensez-vous vraiment régler les problèmes financiers par de nouvelles lois ? Comment voulez-vous tout réguler y compris les marchés internationaux ? Je vous laisse aller expliquer à l’administration Bush qu’on aimerait que nos 25 membres de la commission fédérale des banques puissent mieux contrôler les risques sur leur marché intérieur, sachant qu’UBS dispose déjà de près de 3000 contrôleurs qui n’ont pas pu les maîtriser.
La communication c’est bien et vous y excellez, mais revenez un peu dans le monde de la réalité, la population est en droit d’attendre cela d’un des plus grands partis. Monsieur Levrat, je vous rappelle qu’UBS vient de trouver près de 15 milliards pour sa recapitalisation, et ceci sur les marchés privés et non sur la caisse publique.
Que dire de la crise de CFF Cargo et de votre ministre Leuenberger ? Digne d’une vraie gestion socialiste sans doute ?
Bonsoir,
La polémique est un style politique que j’apprécie trop pour critiquer tant soit peu l’exercice auquel vous vous êtes livré avec un certain talent. Mais comme le sujet mérite mieux, je viens volontiers – en tant qu’ancien membre des JRLF évidemment – en débattre lors d’une de vos séances. Merci d’y réfléchir
Christian Levrat
p.s. en politique économique aussi, “il vaut mieux être acteur que critique”.
Par Levrat Christian le 12/04/2008
à 00:00
Je note avec plaisir votre proposition de retour (pour un soir certes) aux jeunes libéraux-radicaux. Sur le présent sujet, à l’évidence, il va être difficile d’en débattre sérieusement puisque je suis d’avis que le monde politique n’a pas à être d’avantage « acteur » qu’il ne l’est déjà (ah ces affreux libéraux…) !
Mais je retiens donc la proposition, il y a suffisamment de sujets qui nous divisent pour en parler. (si vous avez eu le temps de lire d’autres textes sur ce blog, vous aurez donc compris que pour l’heure le PS n’avait pas été ma cible favorite, le parti du tribun zürichois par contre…).
J’admets qu’il est probable qu’en quittant les jeunesses liébarles-radicales gruyèriennes vous ayez appris la communication et le militantisme, dommage par contre que vous ayez dès lors perdu le sens du contenu… avec lequel on fait les programmes au PLR…
A bon entendeur, salut !
Par carrardd le 12/04/2008
à 08:58
Le libéralisme semble avoir atteint ses limites (bien qu’en étant, je le pense). La tournure qu’a prise la crise financière montre clairement qu’une meilleure régulation du système bancaire est nécessaire. Pour preuve, et c’est presque ironique, deux grandes banques d’investissements américaines, les emblèmes par excellence du capitalisme (Goldman Sachs et Morgan Stanley) se sont tournées elles-mêmes vers un statut plus régulé et ce, encore plus incroyable, afin de profiter d’une éventuelle aide étatique.
Que doit-on en penser?
Faut-il mieux réglementer, afin de prévenir les problèmes et d’éviter les prises de risques inutiles (n’est-ce pas une évidence qu’accorder un crédit sur des expectatives de revenus, en l’espèce la hausse des prix de l’immobilier, est un risque inconsidéré?)?
Ou faut-il laisser les choses telles qu’elles sont en comptant, au final, sur les contribuables pour effacer les erreurs de certains banquiers un peu trop téméraires?
Il reste une troisième solution, la plus libérale, laisser ces banques s’en sortir seule. Mais à quel prix? Nous ne pouvons nous le permettre.
Je préfère une action étatique préventive, permettant d’éviter les folies de mauvais banquiers, que devoir assister à des quasis nationalisation d’entreprises (AIG pour ne citer qu’elle). Cela me semble plus… libéral.
Par Savio Michellod le 27/09/2008
à 11:02
Six mois après votre lettre ouverte, force est de constater que la “campagne de peur des marchés financiers” et “l’alarmisme” du Parti socialiste étaient totalement injustifiés.
L’UBS se porte bien et reste toujours totalement indépendante de l’État.
Le temps vous a donc donné raison et il est vrai qu’à l’avenir le PS devra se baser sur des éléments autrement plus solides avant de parler de “crise”.
Par Nicolas Buntschu le 18/10/2008
à 16:12