
« L’Olympisme est une philosophie de vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple et le respect des principes éthiques fondamentaux universels. »
« Toute forme de discrimination à l’égard d’un pays ou d’une personne fondée sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe ou autres est incompatible avec l’appartenance au Mouvement olympique. »
Voici ce qu’édicte la charte fondamentale du Mouvement Olympique ! Dans le conflit Tibétain, il est difficile de ne pas reconnaître que la Chine viole manifestement non seulement ces principes fondamentaux mais surtout la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.
Pro memoriam la Déclaration relève que :
Article 1
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Article 2
1. Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2. De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.
Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Article 4
Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
Article 5
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Je ne reviendrai pas sur le problème de fond du combat tibétain pour lequel je reconnais toutefois avoir plus qu’une certaine sympathie.
La question d’actualité se formule ainsi : les pays occidentaux, dont la Suisse, doivent-ils boycotter les jeux olympiques de Pékin ? En France le débat est très clairement lancé . Le 1er ministre polonais à annoncé hier qu’il ne se rendrait pas à Pékin. Mais qu’en est-il en Suisse ?
En 1980 à Moscou, puis en 1984 à Los Angeles, notamment, d’autres Boycott ont déjà eu lieu, sans avoir obtenu, il faut l’admettre, un résultat très concluant. Est-ce là le rôle du sport ? Probablement pas, mais il l’est certainement du mouvement olympique et des nations qui le compose. Qu’importe les causes qui en sont à l’origine, on ne peut pas admettre, en tant qu’européen attaché à une tradition humaniste, que l’ont bafoue ainsi les droits humains.
La Chine révèle une excellente maîtrise interne de l’information (pour ne pas dire endoctrinement). Un boycott pur et simple serait probablement déformé et transformé en événement positif pour le gouvernement. Dès lors il faudra être plus malin. J’adhère largement à proposition de Robert Badinter, le sénateur français et ancien président de la cours constitutionnelle, à savoir de participer aux jeux mais de manifester, pacifiquement notre désapprobation, notamment en portant un brassard au couleur du Tibet !
Mais attention l’annoncer à l’avance ce n’est pas une stratégie très fine… comme le dit le proverbe chinois : ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace…